Première réunion ministérielle de suivi de la TICAD
Allocution d’ouverture de M. Fukuda, ambassadeur spécial et ancien Premier Ministre du Japon
Excellence Monsieur Meraphe, Vice-Président de la République du Botswana,
Mesdames et Messieurs,
C’est un très grand honneur, et un immense plaisir pour moi, de vous retrouver aujourd’hui, chers amis d’Afrique, depuis la dernière session de la TICAD IV à Yokohama. J’en suis très ému, et je tiens, Mesdames et Messieurs les représentants de gouvernements et d’organisations internationales, à vous dire toute ma reconnaissance pour le fait que vous soyez venus si nombreux pour participer à cette réunion de suivi.
J’arrive tout juste du Kenya où j’ai pu rencontrer les jeunes coopérants japonais envoyés dans ce pays. J’ai pu vérifier que de nombreux Japonais prennent très à cœur leur mission de soutien à l’Afrique. L’ardeur déployée par ces jeunes hommes et femmes dans leurs activités sur place m’a beaucoup touché, et m’autorise à croire en la possibilité d’avancer ensemble dans la réalisation d’un partenariat stable et élargi.
Depuis la TICAD IV, près d’une année s’est écoulée. J’avais moi-même fait des promesses très concrètes dans mon allocution d’ouverture, et j’avais ensuite mené des entretiens particuliers avec les chefs d’Etat et de gouvernement. Ces entretiens étaient une suite d’entretiens successifs avec 47 personnalités, au point que la presse japonaise a parlé d’un véritable « marathon d’entretiens ». A travers ces rencontres, j’ai vivement ressenti combien cette Afrique était pleine de vigueur grâce à sa remarquable croissance économique et la poursuite de sa stabilisation politique, et qu’elle se trouvait bien au stade de l’éclosion d’un « siècle de l’Afrique ». Mais par la même occasion, j’ai pu à nouveau toucher du doigt les défis urgents auxquels l’Afrique doit faire face : la pauvreté, le chômage, la crise alimentaire, l’insuffisance d’accès à l’énergie et les maladies infectieuses.
J’ai également appelé mes homologues à participer à l’initiative que j’avais lancée « Partenariat Cool Earth » et beaucoup d’entre eux l’ont soutenue. Plus de la moitié des pays africains sont déjà devenus partenaires de cette initiative. Je souhaite vivement que ce partenariat s’élargisse encore dans l’avenir.
Le succès de la TICAD IV tient au fait que le Japon a proposé des mesures concrètes pour avancer ensemble avec vous tous, afin de promouvoir ce dynamisme de l’Afrique et de développer un partenariat pour la résolution de ces problèmes. Les orientations exprimées lors des débats de la TICAD IV dans divers domaines comme la crise alimentaire, ont pu être reprises lors du sommet du G8 qui s’est tenu aussitôt après à Toyako, Hokkaido.
Je me réjouis de ce que depuis cette TICAD IV, les pays et les organisations internationales concernés ont procédé à un suivi régulier. C’est une grande joie pour moi de voir qu’un rapport d’avancement annuel a été établi depuis notre dernière rencontre et de vous retrouver aujourd’hui pour cette réunion ministérielle de suivi. Je tiens à saluer les efforts de tous ceux et celles qui ont contribué à ces résultats.
Nous devons maintenant nous interroger sur les étapes à venir. La vague de la crise financière et économique qui touche l’ensemble du monde est certainement arrivée au continent africain. Nous n’avions pas à l’époque de la TICAD IV prévu une telle situation, et alors que les effets de la crise se font sentir, je suis conscient des inquiétudes que cette situation suscite quant à un ralentissement des aides au développement pour l’Afrique. C’est pourquoi les progrès constants du processus de la TICAD sont demandés plus que jamais.
Lors de l’ouverture de la TICAD IV, j’avais affirmé que l’Afrique représentait un puissant moteur pour la croissance mondiale. Dans l’incertitude dans laquelle nous nous trouvons, le plus important est que ce puissant moteur continue à marcher. Car la croissance africaine n’est pas seulement un enjeu africain, mais c’est désormais une demande de la communauté internationale face à la situation présente. C’est pourquoi nous devons plus que jamais déployer largement les orientations de la TICAD IV. En tant que le plus haut responsable de la TICAD IV, je renouvelle la promesse faite alors, de continuer à mettre en œuvre avec régularité et fermeté les mesures d’aides annoncées par le gouvernement japonais, et veillerai à ce que cette promesse continue d’être tenue à l’avenir. N’oublions pas que lors de la TICAD IV, convaincus que le XXIème siècle serait celui de « l’Afrique », nous avons débattu avec passion dans un climat d’enthousiasme d’ouvrir cette nouvelle page de l’histoire.
J’espère que les pays d’Afrique garderont la nette conscience que la croissance africaine leur appartient en propre et qu’ils en portent la responsabilité devant la communauté internationale.
Dans la réunion qui s’ouvre aujourd’hui, les ministres de différents pays représentés vont procéder à un examen attentif de l’application des diverses mesures d’aides depuis la TICAD IV, et je forme le vœu que des propositions soient faites en vue de leur application à venir. L’essentiel demeure que nous tous réunis ici, en tant que représentants de gouvernements de pays d’Afrique et d’autres, ainsi que d’organisations internationales, nous approfondissions nos relations d’amitié. Parce que je suis convaincu que ce sont ces relations confiantes entre personnes, fondées sur une solide amitié, qui constituent le socle de la poursuite de notre partenariat.
Tous mes vœux vous accompagnent pour chacun d’entre vous ici présents et surtout pour la réussite de cette réunion.
Je vous remercie de votre attention.